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La fonction publique hospitalière de demain se dessine sous nos yeux

Personnels non médicaux - Carrière
Publié le 5 juin 2018 - Mis à jour le 13 juin 2018
Prospective
La fonction publique hospitalière de demain se dessine sous nos yeux

Comme chaque année, l’INSEE et la Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) viennent d’analyser les dernières évolutions des effectifs (INSEE Première, 1). Par petites touches, se dessine le nouveau visage de la fonction publique hospitalière (FPH) et de ses agents.

Début 2017, l’effectif total de la FPH était de 1 189 300 personnes, en croissance modérée sur 2016 (+ 2 700 personnes, soit + 0,2 %, après + 0,3 % en 2015).

Une vision plus claire est obtenue si l’on isole les contrats aidés dont le nombre a sensiblement chuté en 2016 (– 7,5 %). Hors contrats aidés, le volume d’emploi de la FPH était de 1 167 700 agents ; un effectif qui a augmenté un peu plus vite par rapport à 2015 (+ 0,4 % après + 0,2 %).

Dynamisme des établissements médico-sociaux.

La hausse des effectifs de la FPH est entièrement portée par les établissements médico-sociaux (+ 2,1 % avec les contrats aidés et + 2,5 % hors contrats aidés), tandis que dans les hôpitaux, les effectifs sont stables.

A titre de repère, il faut indiquer que l’ensemble de la fonction publique employait au début 2017  5,67 millions de personnes, soit 21 200 personnes de plus que fin 2015 (+ 0,4 %). Hors contrats aidés, les effectifs augmentent même de 0,5 % après une année de stabilité. En revanche, le nombre de bénéficiaires de contrats aidés baisse de 8 400 personnes en 2016, à 189 300 en fin d’année (– 4,2 %). Le recul concerne chacun des versants de la fonction publique.

Pour avoir une vision encore plus claire des évolutions, on peut faire une correction sur ces effectifs physiques car leur durée d’emploi n’est pas homogène. Si l’on considère le nombre d’agents en équivalent temps plein, on obtient début 2017 un effectif corrigé pour l’ensemble de la fonction publique de 5 304,9 « ETP » (en milliers). Pour la FPH, le total des ETP est de 1 105,9 ; et sans les contrats aidés, l’effectif représente 1 088,2 milliers d’ETP (en croissance de 0,4% par rapport à l’année antérieure).

Augmentation du nombre des « entrants ».

Globalement, pour toute la fonction publique et tous statuts, le nombre d’entrants en 2015 était supérieur de 5 800 au nombre de sortants. L’écart fait plus que tripler en 2016 (+ 490 000 entrants pour – 472 000 sortants). Dans la FPH, on a compté +100 000 entrants pour – 96 000 sortants.

Ainsi, la rotation du personnel sur la base des entrées-sorties augmente dans les trois FP : 8,3 % dans la FPE (+ 0,1 point), 9,0 % dans la FPT (+ 0,5 point) et 8,2 % (+ 0,1 point) dans la FPH.

Croissance des effectifs de contractuels

Si l’on se penche sur cette partie des effectifs début 2017, le nombre de contractuels croît nettement (+ 2,8 %)  et plus particulièrement dans la FPE (+ 4,8 %) ainsi que la FPH (+ 3,6 %). Dans cette dernière, la hausse du nombre de contractuels (212 600) s’explique principalement par des recrutements d’infirmiers et d’aides-soignants majoritairement effectués sous ce statut en 2016.

L’effectif de fonctionnaires hospitaliers stricto sensu (832 900) a légèrement fléchi au terme de l’année 2016 (-0,4%).

La catégorie A progresse dans la FPH

Les agents des différents versants de la fonction publique ont des caractéristiques sensiblement différentes. Dans la FP d’Etat, 53,1 % des salariés appartiennent à la catégorie A (mais 23,5 % hors enseignants). Ils sont 32,3 % dans la FPH et 9,2 % dans la FPT.

Dans la FPH, la part des agents de catégorie A s’accroît ainsi de 0,6 point par rapport à fin 2015, tous les infirmiers étant désormais recrutés dans cette catégorie.

Les agents relèvent très majoritairement de la catégorie C dans la FPT (76,2 %) ; dans la FPH, ils sont 49,0 % alors que la catégorie C ne représente que 21,3 % des agents de la FPE, mais sa part augmente de 0,4 point en 2016 du fait de la hausse du nombre d’apprentis.

Une FPH plus jeune

Les agents publics ont en moyenne 43 ans fin 2016. La part des agents de 50 ans ou plus continue d’augmenter et représente 33,2 % de l’ensemble des effectifs de la fonction publique.

Ils sont particulièrement nombreux dans la FPT (39,2 %). En revanche, la part des 35-49 ans (41,3 % des agents publics) et celle des 25-34 ans (19,9 %) continuent de reculer.

Dans la FPH, on compte 5,8% de moins de 25 ans, 26% pour les 25-34 ans (part la plus élevée pour toute la FP), 38,4% pour les 35-49 ans et 29,8% pour les 50 ans ou plus (part la plus faible pour toute la FP).

La FPH la plus féminisée

La proportion de femmes, majoritaires dans tous les versants de la fonction publique (et particulièrement dans la FPH -77,7 % -), croît légèrement en 2016 et atteint 62,4 % des agents.

Travail à temps partiel

Enfin, 22,8 % des salariés de la fonction publique travaillent à temps partiel, à temps incomplet ou non complet. La part d’agents à temps partiel reste relativement stable (+ 0,1 point) pour l’ensemble de la FP. Le pourcentage est de 23,8 pour la FPH.

Au total, une fonction publique hospitalière qui évolue progressivement, par nuances, tout en révélant peu à peu des caractéristiques originales qui la distingue des autres « versants ».

1Nathalie Donzeau, division Exploitation des fichiers administratifs, Insee, Jonathan Duval, département des études, des statistiques et des systèmes d’information, DGAFP



 

 

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