Recherche avancée

Salariés des services à la personne : des conditions de travail et d’emploi particulières

Personnels non médicaux - Carrière
Publié le 15 octobre 2018 - Mis à jour le 16 octobre 2018
Veille juridique

Une étude récente de la DARES (1) apporte des indications détaillées sur les réalités de cet ensemble de salariés largement méconnu.

Les services à la personne (SAP) sont des services effectués au domicile d’un particulier ou dans l’environnement immédiat de son domicile : une liste de 26 de ces activités a été fixée par un décret 2016-750 du 6 juin 2016.

Deux modalités existent pour faire appel à ces services : soit l’emploi direct du salarié intervenant au domicile du particulier employeur, soit le recours à un organisme intermédiaire mettant à la disposition du particulier un de ses salariés en lui facturant la prestation.

Plusieurs plans de développement de ces services ont été mis en place par l’Etat depuis 2005 afin de répondre au vieillissement de la population mais aussi à la hausse de l’activité féminine, ce qui aboutit à une création de nouveaux emplois.

1 – La dynamique des emplois de services à la personne.

Les plans de développement ont produit leurs effets : les effectifs de salariés ont été multipliée par deux après 2005 ; le taux de croissance annuel moyen a doublé depuis le plan Borloo de 2005, avec des taux de croissance annuels moyens autour de 8 % entre 2005 et 2008.

908 millions d’heures étaient rémunérées en 2008, contre 586 millions en 2000 et 1,2 million de personnes employées à ce titre, contre 883 000 en 2000.

L’activité et l’emploi ont ensuite ralenti depuis 2010. Entre 2009 et 2015, la baisse est de 1,3 % en moyenne (2).

En 2015, les particuliers employeurs assurent 57 % de l’ensemble des heures du secteur, une part en recul depuis les années 2000, où elle était de 82 % : le recours à un prestataire se substitue au mode direct.

Une quasi-stabilisation de l’activité - mise en évidence par d’autres résultats de la DARES - résulte d’une plus forte augmentation des heures rémunérées par les organismes prestataires (+2,0 % après +1,0 % en 2015), combinée à une baisse moins marquée des heures rémunérées par les particuliers employeurs (-2,1 % après -3,3 % en 2015). Les salariés employés par des particuliers étaient 895 800 au second trimestre 2016 alors que les organismes prestataires employaient 421 000 salariés, en hausse de 1,1 % sur un an.

Les organismes prestataires fournissent principalement des prestations d’aide à domicile à des personnes dépendantes (61,4 % de leur activité en 2015) ; les particuliers font appel aux SAP pour l’aide à domicile (39 %), l’entretien de la maison (35 %), la garde d’enfants (12 %).

L’étude de la DARES montre une forte proportion de femmes, plus âgées et de nationalité étrangère. Elle note que les salariés sont en moyenne plus âgés que le reste des salariés : 46 ans contre 41 ans pour l’ensemble de la population active en 2015. Les salariés employés par un particulier sont en moyenne plus âgés (48 ans) que ceux employés par un prestataire (43 ans). Les gardes d’enfants à domicile sont plus jeunes.

Les employés des services à la personne sont très majoritairement des femmes (87,3 % contre 50,1 % pour l’ensemble des salariés en 2015).

Autre particularité : on compte plus de trois employeurs en moyenne pour les salariés de particuliers du fait de la nature ponctuelle de certaines activités.

2 – La qualification et la rémunération

Les salariés d’organismes intermédiaires sont de plus en plus qualifiés mais le point de départ est assez bas. Globalement, les salariés des services à la personne sont moins qualifiés que les salariés des services aux particuliers ou que l’ensemble de la population active : en 2015, 42 % d’entre eux n’avaient pas de diplôme ou seulement le brevet des collèges contre 24 % pour les salariés des services aux particuliers et 16 % pour l’ensemble des salariés. Seuls 7 % des salariés de SAP ont un diplôme supérieur au baccalauréat contre 38 % des actifs occupés.

Les salariés de particuliers employeurs sont moins qualifiés que ceux employés par les organismes : près de la moitié des premiers n’ont pas de diplôme contre un peu plus d’un tiers des seconds.

Les revenus salariaux sont en progression : les salariés travaillant exclusivement pour un particulier employeur perçoivent un salaire total plus faible (5200 euros en moyenne dans l’année) que ceux travaillant exclusivement pour un prestataire (7800 euros). Les revenus salariaux nets des employés de SAP ont augmenté de 11 % entre 2010 et 2014 (contre +6 % pour l’ensemble de la population active).

3 - Des horaires de travail atypiques

L’étude met en évidence des conditions de travail également spécifiques. Les salariés de SAP sont plus nombreux à déclarer travailler avec des horaires variables (respectivement 25 % contre 18 % pour l’ensemble des salariés).

Le travail régulier le samedi concerne presque un salarié des services à la personne sur quatre, et le dimanche un salarié sur huit.

La DARES note par ailleurs qu’un tiers des salariés des services à la personne souhaiterait travailler davantage : en 2015, 53% des salariés de SAP indiquaient ne pas avoir pu trouver d’emploi à temps plein comme raison principale de leur travail à temps partiel contre 42 % pour l’ensemble de la population salariée. 34 % des salariés de SAP déclarent souhaiter travailler plus contre 20 % pour l’ensemble des salariés.



(1)  Éric Kulanthaivelu, Lydia Thiérus (DARES ANALYSES ; août 2018 n° 038).

(2) La DARES note que ce fléchissement n’est pas spécifique au secteur des SAP mais concerne aussi le secteur des services aux particuliers et, dans une moindre mesure, l’ensemble des secteurs.

 

  • Rechercher dans cet article
Du même auteur